L’Université de Lomé accueille, les 29 et 30 octobre 2026, des experts et universitaires pour débattre du rôle des juridictions régionales dans la protection des droits de l’homme, la consolidation de l’État de droit et le respect de la souveraineté des États.

Les travaux du colloque international consacré aux juridictions régionales de protection des droits de l’homme ont été officiellement ouverts ce jeudi 29 octobre 2026 à l’Université de Lomé. Organisée par le Centre de Droit Public (CDP), cette rencontre scientifique réunit des personnalités publiques, des enseignants-chercheurs, des experts et d’autres acteurs du monde juridique autour d’une question majeure : comment concilier les exigences de l’État de droit, le contrôle des changements constitutionnels et la souveraineté des États ?
Pendant deux jours, les participants sont appelés à confronter leurs analyses sur la place qu’occupent les juridictions régionales dans l’architecture juridique africaine. Au-delà de la protection des droits fondamentaux, les débats portent sur les limites et les responsabilités de ces institutions face aux évolutions constitutionnelles et aux engagements internationaux des États.

La justice régionale au défi de l’État de droit
À l’ouverture des travaux, le président de l’Université de Lomé, le professeur Kossivi Hounake, a mis en avant la nécessité de considérer le droit comme un instrument de régulation des rapports institutionnels. Pour lui, la solidité de l’État de droit ne se résume pas à l’absence de conflits entre les institutions, mais repose sur leur capacité à gérer les tensions dans le respect des règles juridiques. « La vitalité de l’État de droit ne se mesure pas à l’absence de tensions entre les institutions, mais à la capacité du droit à les organiser, à les encadrer et à leur apporter des réponses juridiquement fondées », a-t-il déclaré.
Cette approche souligne l’importance de mécanismes juridiques capables d’encadrer les différends institutionnels et de garantir le respect des principes démocratiques. Elle pose également la question de l’efficacité des juridictions régionales dans la prévention des dérives et la consolidation des garanties offertes aux citoyens.

Souveraineté nationale et engagements internationaux
Au cœur des échanges figure également la relation parfois délicate entre la souveraineté des États et les obligations découlant des instruments internationaux de protection des droits de l’homme. Si les États disposent de prérogatives constitutionnelles et institutionnelles propres, leur participation aux mécanismes régionaux implique aussi le respect d’engagements juridiques communs.
Les changements constitutionnels constituent, dans ce contexte, un autre axe essentiel de réflexion. Les participants devront examiner les conditions dans lesquelles les juridictions régionales peuvent intervenir, ainsi que les fondements et les conséquences de leur contrôle, dans le respect des compétences des États et des principes de l’État de droit.
Ces interrogations prennent une importance particulière dans un contexte africain marqué par des évolutions politiques et institutionnelles qui renouvellent le débat sur la légitimité du pouvoir, la protection des libertés fondamentales et la portée des normes régionales.

Une réflexion tournée vers l’avenir de la justice africaine
À travers cette initiative, le Centre de Droit Public de l’Université de Lomé entend contribuer à l’approfondissement de la réflexion scientifique sur les mécanismes régionaux de protection des droits humains. L’objectif est aussi de favoriser une meilleure compréhension des compétences de ces juridictions, de leur influence sur les systèmes juridiques nationaux et des défis auxquels elles sont confrontées.
Les conclusions des échanges pourraient ainsi enrichir le débat sur les conditions d’une articulation équilibrée entre justice régionale, souveraineté étatique et respect des engagements internationaux.
Au-delà de sa dimension académique, ce colloque offre un cadre de dialogue sur l’avenir de l’État de droit en Afrique. Il rappelle que la protection effective des droits de l’homme et la souveraineté des États, loin de constituer nécessairement des exigences incompatibles, appellent une réflexion approfondie sur le rôle du droit, la responsabilité des institutions et le respect des normes communes.
La rédaction








