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‎GRANDE CANARIE : Inés Miranda Navarro, figure du Polisario et 6 autres personnes, au cœur d’un scandal de détournement et de corruption

ActualitéAfriquePar La Redaction
‎GRANDE CANARIE : Inés Miranda Navarro, figure du Polisario et 6 autres personnes, au cœur d’un scandal de détournement et de corruption
Poursuivie pour prévarication, détournement de fonds publics et fraude à l’administration, Inés Miranda Navarro, conseillère au Cabildo de Grande Canarie et figure connue de soutien au Front Polisario, risque jusqu’à cinq ans de prison. Le parquet anticorruption espagnol décrit un système sophistiqué de fractionnement de marchés et de sociétés écrans qui aurait permis de détourner plus de 70% des fonds publics alloués aux « Journées du Paysage ».
En effet, c’est une affaire qui mêle gestion des deniers publics et ramifications politiques. À Las Palmas, le parquet anticorruption a requis de lourdes peines contre sept personnes dans le cadre de l’affaire des « Journées du paysage » du Cabildo de Grande Canarie. Au centre du dossier : Inés Miranda Navarro, conseillère chargée de la politique territoriale et du paysage.
‎Connue sur la scène politique canarienne pour son militantisme actif en faveur des thèses séparatistes du Front Polisario, son engagement dans des organisations de juristes travaillant sur la question du Sahara et son soutien affiché à la militante séparatiste Aminatou Haidar, l’élue se retrouve aujourd’hui au cœur d’une instruction judiciaire pour des faits présumés de corruption.
‎Un système présumé de contournement des règles
L’enquête, qui porte sur les éditions 2016 à 2019 des « Journées du paysage », met au jour, selon le parquet, un ensemble d’irrégularités présumées systématiques.
‎Le mode opératoire décrit par les enquêteurs reposait sur deux mécanismes principaux : Le fractionnement des contrats : Les marchés étaient artificiellement découpés en plusieurs prestations de montants inférieurs aux seuils légaux, permettant ainsi leur attribution directe sans appel d’offres ni mise en concurrence. Le recours à des sociétés intermédiaires : Des entreprises adjudicataires formelles auraient servi de prête-noms pour masquer le bénéficiaire réel des fonds et contourner les règles sur les conflits d’intérêts.
‎‎L’instruction pointe également l’établissement de contrats en doublon, la signature de formalités administratives après la tenue même des événements, et une opacité sur l’affectation de parrainages privés estimés à au moins 11.000 euros, apportés par des entreprises comme Grafcan, Red Eléctrica et Canaragua.
‎‎Imaco 89, la plaque tournante du système
‎Le cœur financier du dossier présumé se nomme Imaco 89, une société administrée par María Ángeles Horna Andrade. Celle-ci n’est autre que l’épouse de l’ancien auditeur public général du Cabildo, chargé précisément du contrôle des dépenses et de la validation des paiements.
‎‎Selon les chiffres du parquet, les flux financiers sont édifiants
‎Entre 2016 et 2018, sur les 67.217,40 euros versés à l’Instituto Canario de Telecomunicaciones (ICT) pour organiser les journées, 44.503,75 euros, soit 66% des sommes, auraient été reversés à Imaco 89.
‎‎Pour l’édition 2019, le procédé aurait été encore plus direct : sur les 14.950 euros perçus par la société Yedra Comunicación, 14.924,24 euros, soit 99,8% du montant, auraient été immédiatement reversés à Imaco 89.
‎‎A ces montants s’ajoutent 15.995,79 euros de reversements provenant de sous-traitants (Acontrafibra, Daute Diseño, Gráficas Atlanta, Red de Comunicación Gráfica).
‎Pour les enquêteurs, María Ángeles Horna Andrade serait l’organisatrice réelle et la « principale bénéficiaire » du système, donnant ses instructions à l’ensemble des intervenants.
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‎Sept prévenus, des responsabilités bien établies selon le parquet
‎Le réquisitoire du parquet anticorruption détaille les responsabilités présumées de chacun :
‎Inés Miranda Navarro : En tant que conseillère et autorité adjudicatrice, elle signait les attributions de marchés (résolutions 147/2016, 82/2017, 33/2018…), les dépenses hors dossier et les autorisations de paiement. Elle aurait, à titre d’exemple, signé l’attribution de la 3e édition alors que l’événement avait déjà eu lieu. Elle est poursuivie pour prévarication, détournement de fonds publics et fraude. Peine requise : 5 ans de prison et 10 ans d’interdiction d’exercer une fonction publique.
‎Rafael Luis Pedrero Manchado, ancien directeur général de la politique territoriale : Il lançait les dossiers et aurait échangé avec María Ángeles Horna Andrade avant l’ouverture des procédures par e-mails privés. Peine requise : 5 ans de prison, 10 ans d’interdiction.
‎Víctor Manuel Quevedo Domínguez, ancien directeur du développement stratégique : Responsable des contrats entre 2016 et 2019, il donnait les avis favorables au paiement des factures. Peine requise : 5 ans de prison, 10 ans d’interdiction.
‎María Ángeles Horna Andrade, administratrice d’Imaco 89 : Décrite comme la cerveau de l’opération. Peine requise : 5 ans de prison et 6 ans d’interdiction de contracter avec l’administration.
‎Michel Jorge Millares, administrateur de l’ICT : Adjudicataire formel entre 2016 et 2018, il aurait servi de subterfuge pour contourner le conflit d’intérêts. Peine requise : 5 ans de prison, 6 ans d’interdiction.
‎‎Mónica del Pino Torres Rodríguez, directrice de Yedra Comunicación : Adjudicataire formelle de 2019, elle « s’est prêtée à exécuter tous les ordres » de Horna Andrade. Peine requise : 3 ans de prison, 3 ans d’interdiction.
‎‎Juan José Sánchez Arencibia, ex-auditeur public et époux de Horna Andrade : Connaissant l’intérêt de son épouse, il aurait continué à signer les factures et ordres de paiement (113.619,92 €, soit plus de 70% des paiements) et à lui transmettre des informations sur leur suivi, sans émettre de réserve. Peine requise : 2 ans de prison, 10.950 € d’amende et 7 ans d’interdiction, avec le chef supplémentaire de négociations interdites aux fonctionnaires.
‎Au-delà du dossier judiciaire, cette affaire pose la question de l’exemplarité. Elle est de nature à porter atteinte à la crédibilité des personnalités et des réseaux gravitant autour du soutien au Front Polisario en Espagne, et remet en lumière les exigences de transparence et de prévention des conflits d’intérêts dans la gestion des fonds publics.
‎‎L’instruction suit son cours, et il appartiendra désormais à la justice espagnole d’établir définitivement les responsabilités individuelles.

La Redaction

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