Premier produit d’exportation du Togo, le phosphate confirme son poids stratégique. Au deuxième trimestre 2026, il a rapporté 46,7 milliards FCFA au pays, soit 15,8% des ventes à l’étranger. Un poids considérable qui ouvre désormais une perspective claire : transformer davantage cette ressource sur le territoire national.
En effet, c‘est précisément l’ambition du nouveau programme régional de l’UEMOA, examiné par les ministres à Ouagadougou le 23 octobre 2026. Le dispositif prévoit la création de quatre pôles industriels dédiés aux engrais phosphatés dans l’Union, dont un au Togo. L’objectif : renforcer les capacités de production de la sous-région et réduire sa dépendance aux engrais importés.
Au-delà des usines, cette industrialisation se veut de proximité. Des unités de mélange, installées près des bassins agricoles, proposeraient des formules adaptées aux sols et aux cultures après analyse en laboratoire. Une logique de précision agricole à laquelle l’État togolais contribue déjà, avec 85 000 tonnes d’engrais prévues pour la campagne 2025-2026, soit 9% de plus que la précédente.
Le programme, doté de 1 452,5 milliards FCFA sur la période 2026-2030, affiche également une forte ambition sociale avec un objectif de 50 000 emplois formels par an à l’échelle de l’Union. Les jeunes sont particulièrement concernés.
Il convient de rappeller que, pour le Togo, la démarche s’inscrit dans la continuité d’une stratégie engagée. En mai 2023 déjà, un accord avec le groupe marocain OCP avait prévu une étude de faisabilité pour l’implantation d’une usine d’engrais phosphatés sur le territoire.








