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‎Niger-Tchad : à Moscou, les signes d’un dégel entre Niamey et N’Djamena

A la uneActualitéPar La Redaction
‎Niger-Tchad : à Moscou, les signes d’un dégel entre Niamey et N’Djamena
‎C’est une rencontre discrète qui en dit long. En marge du 3ᵉ Sommet Russie-Afrique, tenu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, s’est entretenu avec son homologue tchadien, Ahmed Kogri.
En effet, selon le communiqué du ministère nigérien, les deux hommes ont évoqué « la situation des relations entre les deux pays, notamment les voies et moyens de favoriser l’apaisement des tensions ». Une phrase courte, mais qui officialise une crise longtemps tue. Le Niger et le Tchad partagent 1 200 km de frontière, une histoire commune au sein de la Force Multinationale Mixte contre Boko Haram et du G5 Sahel, et un destin sécuritaire lié au bassin du lac Tchad. Depuis le coup d’Etat de juillet 2023 à Niamey et le repositionnement géopolitique du Niger, cette relation s’est fissurée. Méfiance, fermeture des canaux de coopération, accusations indirectes et repli ont remplacé le partenariat opérationnel.
‎Pour Niamey, renouer avec N’Djamena est un impératif. Le Niger, membre de l’Alliance des Etats du Sahel, ne peut se permettre une seconde frontière fermée et une insécurité accrue à l’Est, alors que le Tchad reste un pivot régional incontournable, à la jonction des influences française, émiratie et russe. Pour le Tchad, l’enjeu est tout aussi pressant : l’instabilité à sa frontière ouest nourrit les trafics, déstabilise ses provinces du Lac et du Kanem et alourdit la pression migratoire.
‎Le choix de Moscou comme cadre n’est pas anodin. Le Sommet Russie-Afrique est devenu le nouveau lieu de médiation officieuse du Sahel. La Russie, qui a tissé des liens étroits à la fois avec Niamey et N’Djamena, a intérêt à éviter un face-à-face entre deux de ses partenaires et à sécuriser le corridor saharien où elle déploie son influence. La capitale russe offre ainsi un terrain neutre où un dialogue impossible à Niamey ou à N’Djamena devient possible.
‎Cet entretien ne marque pas la normalisation, mais il en pose le premier jalon. Le terme « apaisement », soigneusement choisi par la diplomatie nigérienne, indique que les deux parties reconnaissent la dégradation et cherchent d’abord à désamorcer. La suite se jouera sur des dossiers concrets : reprise du partage de renseignements sur le lac Tchad, réouverture des canaux consulaires, fluidification du commerce transfrontalier.
‎‎Il convient de noter qu’au-delà des postures, la géographie rappelle aux deux capitales une évidence : le Niger et le Tchad sont condamnés à s’entendre.

La Redaction

Publié sur Afrique News

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