Moscou accélère son repositionnement naval en Afrique centrale. Le gouvernement russe a approuvé deux projets d’accords prévoyant une procédure simplifiée pour l’escale de navires de guerre russes dans les ports de la République du Congo et du Cameroun.
Les ordonnances correspondantes ont été signées le 30 octobre par le Premier ministre Mikhaïl Michoustine et publiées le 31 octobre sur le portail officiel d’information juridique russe.
Ainsi, selon les textes, le ministère russe de la Défense, conjointement avec le ministère des Affaires étrangères, est chargé de mener les négociations avec les autorités congolaises et camerounaises et de signer les accords au nom du gouvernement russe une fois les ententes finalisées. Le Parquet général et le Comité d’enquête russes participeront également à l’élaboration des documents.
Les dispositions détaillent un mécanisme d’alerte allégé. La partie hôte devra être informée à l’avance de l’arrivée des bâtiments : au moins 10 jours avant la visite pour la République du Congo et 15 jours pour le Cameroun. Chaque notification devra préciser le nombre et la classe des navires, leurs dimensions principales, les objectifs et la durée de la visite, ainsi que les fréquences radio utilisées. Trois navires de guerre au maximum pourront simultanément pénétrer dans les eaux territoriales, les eaux intérieures et les ports de l’État hôte.
Au-delà de la simple escale, les accords réglementent l’ensemble du séjour : conditions de présence des militaires à terre, fourniture de soins médicaux, mesures de sécurité, indemnisation en cas de dommages et mise à disposition de services portuaires.
Les accords seront conclus pour une durée de cinq ans, renouvelable automatiquement sauf opposition de l’une des parties.
Il convient de dire qu’avec ces deux nouveaux jalons, Moscou entend créer les conditions de visites régulières de sa flotte dans deux États stratégiques du Golfe de Guinée et renforcer durablement la coopération entre sa marine et celles du Congo et du Cameroun, sur fond de recomposition des influences militaires en Afrique.







