Donald Trump a choisi le jour des élections de mi-mandat américaines, remportées par les démocrates, pour annoncer la fin de l’aide militaire annuelle accordée à Israël. Dans un entretien téléphonique à Fox News, mardi 3 novembre, le président américain a affirmé que Benjamin Netanyahou et lui avaient conclu un accord pour interrompre les versements après 2026. « Nous avons convenu il y a quelques mois que nous arrêtions », a déclaré Trump, avant d’ajouter que Washington continuerait à aider Israël si celui-ci en avait besoin.
En effet, selon lui, le Premier ministre israélien sortant accepterait cette décision, au motif qu’Israël serait désormais suffisamment prospère pour financer seul sa défense. Trump a également justifié cette annonce par le coût politique du soutien américain à son allié, devenu selon lui une cible facile pour les démocrates. L’assistance américaine à la sécurité d’Israël représente 3,8 milliards de dollars par an. Elle s’inscrit dans un accord de dix ans qui ne doit normalement arriver à échéance qu’en septembre 2028. Ce mémorandum d’entente, signé le 14 septembre 2016 sous Barack Obama, prévoit 38 milliards de dollars sur la période 2019-2028 : 33 milliards de financement militaire étranger, soit 3,3 milliards par an, et 5 milliards pour les programmes conjoints de défense antimissile, à raison de 500 millions par an.
Il ne s’agit pas d’un versement libre. La majeure partie permet à Israël d’acheter des équipements américains. Les crédits doivent être autorisés et votés chaque année par le Congrès. Une loi de 2020 a autorisé ce financement jusqu’en 2028. Une interruption rapide serait donc difficile à mettre en œuvre et une réduction nécessiterait un accord politique.
Mettre fin à cette aide ne reviendrait pas non plus à arrêter les ventes d’armes. Trump a précisé qu’elles continueraient, et les contrats déjà signés, qui s’étendent souvent sur plusieurs années, ne disparaîtraient pas du jour au lendemain.
L’annonce intervient alors que le soutien à Israël est devenu un sujet de division aux États-Unis. Un sondage de l’université Quinnipiac, publié en juin dernier, indiquait que 48% des électeurs américains estimaient que les États-Unis soutenaient trop Israël, contre 16% en 2017. Chez les démocrates, cette proportion atteignait 66%.
L’idée d’une réduction n’est pas nouvelle côté israélien. Netanyahou lui-même avait évoqué en janvier une réduction progressive sur dix ans, puis en mai, sur CBS, souhaité voir l’aide atteindre « zéro ». Il s’agissait d’une perspective étalée, non d’une rupture immédiate.
D’où la colère de l’opposition. Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major et principal rival de Netanyahou, a dénoncé le fait que les responsables de la défense aient appris la nouvelle par les médias. « On ne peut plus lui faire confiance et il doit être remplacé », a-t-il lancé. Yair Golan, chef du parti démocrate israélien, a estimé que la cessation de l’aide porterait un coup sévère à la sécurité du pays.
Reste une question : Israël peut-il mener ses guerres dans les mêmes conditions si Washington cesse d’en financer une partie ?








