À Pékin, le Parti communiste chinois (PCC) a entamé lundi 26 octobre une réunion à huis clos jugée capitale pour son avenir. Le président Xi Jinping et les quelque 300 membres du Comité central se sont réunis pour la cinquième session plénière du 20e Comité central, a annoncé l’agence Chine Nouvelle.
En effet, dans un contexte de sécurité renforcée autour du Jingxi Hotel, lieu traditionnel des plénums dans l’ouest de la capitale, les dirigeants du parti unique planchent jusqu’à jeudi sur un objectif central : durcir la gouvernance interne.
Au programme, selon les médias d’État, le renforcement de la discipline, la lutte contre la corruption et l’amélioration de l’efficacité et de la loyauté des cadres. Xi Jinping, au pouvoir depuis 2012 et secrétaire général du Parti, a présenté un rapport d’activité et un projet de décision pour une gouvernance « rigoureuse ».
Cette initiative fait suite aux appels du Bureau politique à imposer des « normes plus exigeantes » et des « mesures plus concrètes » face aux « changements profonds » et aux « nouveaux défis » auxquels la Chine est confrontée, à l’intérieur comme à l’extérieur. Si très peu d’informations filtreront avant la conclusion des travaux jeudi, les observateurs scruteront deux signaux majeurs : d’éventuels changements de postes et l’émergence de nouvelles figures.
Ce plénum est particulièrement scruté car il prépare le 21e Congrès du PCC prévu à l’automne 2027, lors duquel Xi Jinping, 73 ans, devrait s’assurer un quatrième mandat historique.
Après 14 ans à la tête du pays, le dirigeant veut resserrer la vis politique et exiger une loyauté sans faille à ses directives. La session devrait ainsi acter plusieurs exclusions, au terme d’une année marquée par une vaste vague de purges, y compris parmi des hommes qu’il avait lui-même promus.
L’armée a été la plus touchée : cinq des sept membres de sa direction suprême ont été écartés. Le plénum de cette semaine devrait permettre d’identifier leurs potentiels remplaçants et de dessiner les contours de la future garde rapprochée de Xi Jinping.
Au-delà des carrières individuelles, l’enjeu est stratégique. Confrontée à une consommation atone et à une crise immobilière qui s’enlise, la Chine a besoin d’une équipe capable d’exécuter sans faille les décisions du sommet. Le risque, soulignent les analystes, est qu’à force de craindre les sanctions, les cadres du Parti finissent par tomber dans l’inaction.








