Il voulait des galons, il a récolté des menottes. Eloundou, usurpateur se faisant passer pour un lieutenant de l’armée et pour un agent de la DGRE, a été appréhendé mardi 3 novembre 2026 par les policiers du Commissariat du 3e arrondissement de Kribi.
La plus éphémère des carrières militaires camerounaises vient de s’achever. D’autres accumulent les distinctions. Lui, il empilait les fausses identités. Lieutenant des forces armées un jour, membre de la Direction Générale de la Recherche Extérieure en poste au Port Autonome de Kribi le lendemain… Un parcours aussi fourni que suspect, qui a fini par éveiller les soupçons des véritables forces de l’ordre.
Sa technique ? D’une facilité déconcertante : exhiber sa fausse qualité, se redresser fièrement, adopter un ton autoritaire, et observer les paisibles habitants débourser leurs économies. Un scénario digne d’une production de bas étage, sauf qu’à Kribi, aucun spectateur n’avait acheté de place. Eloundou, lui, se prenait manifestement pour la vedette du long-métrage. Jusqu’au clap de fin.
Le mardi 3 novembre 2026 restera donc comme un jour noir dans le « parcours » de notre ambitieux mystificateur. Arrêté en plein cœur de Kribi, Eloundou a échangé son uniforme fictif contre une tenue bien plus austère : celle des geôles du commissariat. Un basculement brutal de statut, sans préavis ni cérémonie de remise de médaille.
En attendant sa comparution devant le Procureur de la République, Eloundou rumine son destin. Et visiblement, il n’est pas le seul à en payer les conséquences : comme le glisse avec ironie une source proche de l’enquête, voilà un époux dont la conjointe va bientôt découvrir les réalités des visites en prison. Le couple nourrissait sans doute d’autres ambitions. La justice, elle, a son propre agenda.
Si vous tombez sur un lieutenant affecté au PAK qui vous réclame de l’argent pour « débloquer une affaire », posez-vous une interrogation élémentaire : un authentique militaire solliciterait-il un bakchich ? La réponse, Eloundou l’a apprise à ses dépens. Les autorités, quant à elles, rappellent que la prudence demeure de rigueur face aux imposteurs de tout acabit, faux grades y compris.








