Le Togo se dote d’une nouvelle boussole pour son agriculture. Réunis en quatrième séance plénière de la deuxième session ordinaire, ce jeudi 22 octobre au Palais de l’Assemblée nationale, les députés ont adopté en première lecture le projet de loi d’orientation agricole.

En effet, les travaux ont été dirigés par le Président de l’Assemblée nationale, Professeur Komi Selom Klassou, en présence de Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement, d’Antoine Lékpa Gbégbéni, ministre de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, et de Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi, ministre de la Santé.
Un cadre refondateur pour une agriculture de souveraineté
L’ambition du texte est claire : offrir au monde rural togolais un socle juridique solide, capable de porter une agriculture moderne, performante, compétitive et respectueuse de l’environnement. L’objectif est de doper les rendements, de sécuriser l’assiette des Togolais, de pousser la transformation sur place, d’ouvrir aux producteurs les portes du financement et des marchés, tout en créant de la richesse et des emplois décents.
La loi intègre les grands défis du moment : préservation des sols et de l’eau, résilience climatique, sécurisation du foncier agricole et professionnalisation des exploitants. Elle met le cap sur la mécanisation, l’irrigation de proximité, la recherche agronomique et la montée en compétences des producteurs, avec un focus particulier sur les jeunes et les femmes.
UNIR salue un « levier de souveraineté »
Pour l’honorable Aklesso Atcholi, président du groupe parlementaire Union pour la République (UNIR), ce vote n’est pas anodin. Il y voit un instrument décisif pour garantir l’autosuffisance alimentaire, rehausser les revenus paysans, offrir des perspectives à la jeunesse et ériger l’agriculture en locomotive de la transformation nationale.
« En adoptant une loi d’orientation agricole, nous faisons le choix de donner à notre agriculture un cadre clair, une vision de long terme et un cadre propice à son développement. Nous reconnaissons ainsi que la terre togolaise valorisée chaque jour par le travail et la persévérance de milliers de femmes et d’hommes constitue un patrimoine stratégique et un pilier fondamental de notre souveraineté alimentaire », a-t-il souligné.
Il a insisté sur la nécessité d’un accompagnement renforcé, d’un accès simplifié aux crédits et aux équipements, et d’une juste rémunération du labeur paysan. Une modernisation qui, selon lui, doit rimer avec protection de la nature, pratiques agro-écologiques et inclusion des jeunes et des femmes dans les chaînes de valeur.
Le gouvernement promet le passage à l’acte
Au nom de l’exécutif, le ministre Antoine Lékpa Gbégbéni a remercié la représentation nationale pour la qualité des débats et la finesse des contributions, qui ont permis de coller au vécu des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs. Il a rappelé que ce chantier s’inscrit pleinement dans la vision du Président du Conseil, S.E. Faure Essozimna Gnassingbé, articulée autour du triptyque « Rassembler, Transformer, Protéger ». « En adoptant ce projet de loi en première lecture, vous avez ouvert une nouvelle perspective pour l’agriculture togolaise. Vous avez affirmé qu’elle mérite une vision de long terme, un cadre cohérent et une mobilisation nationale à la hauteur des enjeux », a-t-il lancé aux élus.
Il a toutefois prévenu : la portée du texte se jouera dans son application effective, dans les moyens qui seront déployés et dans la synergie entre État, secteur privé et société civile.
Dans son mot de clôture, le Professeur Klassou a qualifié ce vote d’avancée historique. Il a exhorté à produire plus, mais surtout à transformer plus sur le territoire national pour capter davantage de valeur ajoutée et nourrir l’industrialisation. Il a invité le gouvernement à diligenter les décrets d’application et à mobiliser les ressources, assurant que l’Assemblée jouera pleinement son rôle de contrôle pour que cette loi se traduise en impacts tangibles pour les producteurs.
Notons qu’avec cette adoption, le Togo pose une première pierre majeure vers une agriculture plus productive, plus inclusive et plus résiliente, au service de sa souveraineté alimentaire et d’un développement durable assumé.