L’horreur en plein jour. Vendredi 23 octobre, aux alentours de 10h30, les communes de Trappes et de La Verrière, dans les Yvelines, ont été le théâtre d’une attaque armée d’une rare violence. Un homme seul, au volant de sa voiture, a ouvert le feu en rafales sur des passants. Bilan provisoire : un mort et plusieurs blessés, dont trois en urgence absolue.
En effet, le scénario, tel qu’il se dessine, est celui d’une virée meurtrière. En l’espace de quinze minutes, le tireur a multiplié les points d’attaque. D’abord à Trappes, place Van Gogh et square Louis Pergaud, puis le long de la Nationale 10 à hauteur d’une station-service, avant de poursuivre à La Verrière, devant une pharmacie et dans un quartier résidentiel. Il a finalement été neutralisé et interpellé à Coignières par la Brigade Anti-Criminalité.
Les victimes ont été fauchées au hasard, mais un dénominateur commun interpelle. Parmi elles, un homme de 26 ans d’origine africaine, mortellement touché. Une fillette de 12 ans, atteinte de huit balles, dont l’état a été stabilisé en fin de journée selon le maire de La Verrière, Nicolas Dainville. Une autre personne d’origine maghrébine, toujours en urgence absolue. Au total, plusieurs autres personnes sont grièvement blessées.
L’auteur présumé est un homme de 39 ans, domicilié à Plaisir. Armé d’un pistolet-mitrailleur, il transportait également des grenades lacrymogènes. La perquisition de son domicile a révélé une préparation inquiétante : trois bouteilles de gaz reliées à un système de mise à feu, nécessitant l’intervention des démineurs et l’évacuation de l’immeuble. Connu pour des délits routiers, il était jusqu’ici inconnu des services de renseignement antiterroriste. Son état de santé n’a pas encore permis son audition.
Face à la gravité des faits, le Parquet National Antiterroriste (Pnat) s’est immédiatement saisi. Une enquête de flagrance a été ouverte pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, et détention d’arme de catégorie A. Le parquet retient la circonstance aggravante de crime commis « à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ».
La classe politique a réagi avec fermeté. Sur les lieux, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a dénoncé un « crime terroriste ». Ali Rabeh, maire de Trappes, a évoqué un « attentat à connotation raciste, probablement islamophobe », tout en appelant à préserver la « concorde républicaine ».
Dans la soirée, le Président Emmanuel Macron s’est rendu dans les Yvelines. Il a qualifié les faits d’« attentat terroriste raciste », estimant que le pays vivait « un tournant » et exhortant à l’unité face à « la haine et aux persécutions liées à la couleur de peau ou à la religion ». Une cellule psychologique a été ouverte en mairie de Trappes pour accompagner les habitants et agents choqués.
Trois questions restent désormais au cœur de l’enquête : quelles étaient les motivations exactes de l’assaillant, a-t-il bénéficié de complicités, et comment s’est-il procuré une arme de guerre ?








