Le Togo lève le voile sur l’atome. Mardi 20 octobre 2026, le ministère délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières et l’Autorité Nationale de Sûreté et de Sécurité Nucléaires (ANSSN) ont organisé une rencontre d’échange et de sensibilisation inédite « Comprendre et Communiquer sur l’Énergie nucléaire au Togo ».
En effet, l’objectif de cette rencontre avec les professionnels de la presse est de mettre les médias au cœur de la future stratégie énergétique nationale. Face aux journalistes et aux cadres de l’administration, le message est clair : sans information juste, pas d’acceptation du nucléaire. Ainsi, dans un pays confronté à des besoins croissants en électricité et à de fortes ambitions d’industrialisation, les autorités veulent préparer le terrain. Il s’agit de vulgariser une technologie complexe, d’expliquer ses opportunités mais aussi ses risques, et d’ouvrir un dialogue direct avec les populations.
En ouvrant les travaux, le ministre délégué en charge de l’Énergie et des Ressources minières, Robert Koffi Eklo, a insisté sur l’impératif pour le Togo de sécuriser un approvisionnement électrique fiable, socle de sa croissance économique. Selon lui, à la différence des énergies solaire et éolienne, tributaires des aléas climatiques, le nucléaire offre l’avantage d’une production ininterrompue dès la mise en service des centrales. Une stabilité qu’il juge déterminante pour réussir le pari de l’industrialisation nationale.
Invité phare de la rencontre, l’ancien Premier ministre burkinabè Lassina Zerbo a plaidé pour une prise de conscience. Selon lui, le Togo fait bien partie des plus de trente pays africains qui s’intéressent désormais au nucléaire pour combler leur déficit énergétique. Le pays doit donc préparer l’opinion. Il a d’ailleurs annoncé que Lomé accueillera le prochain Nuclear Energy Innovation Summit for Africa.
Pour Lassina Zerbo, tout se joue sur la communication. Il faut expliquer pédagogiquement le fonctionnement du nucléaire, ses avantages, mais surtout les mesures de sûreté qui l’encadrent. Évoquant sans détour les accidents de Tchernobyl et Fukushima, il a appelé à une approche basée sur la science, sans minimiser les inquiétudes légitimes des citoyens.
Un discours appuyé par le ministre délégué Robert Koffi Eklo. Pour lui, l’enjeu est la stabilité. Contrairement au solaire qui dépend du soleil ou à l’éolien qui dépend du vent, le nucléaire, une fois l’installation opérationnelle, garantit une production continue d’électricité. C’est cette base stable qui est indispensable pour faire tourner les futures usines et soutenir la croissance.
Par ailleurs, la rencontre, qui s’est déroulée en présence du Professeur Colonel Tchaou Mazama-Esso, Agent national de liaison avec l’AIEA et chef de mission d’experts de l’AIEA, a débouché sur une piste concrète : la création d’un réseau de journalistes togolais spécialisés dans les questions de l’énergie nucléaires. À l’occasion, la communication délivrée par Alice Kagina du Secrétariat international du Nuclear Energy Innovation Summit on Africa (NEISA), a permis de revenir sur les avantages que représente l’utilisation du nucléaire pour les pays africains, les mesures que prend le Togo pour une utilisation sûre et sécurisée et les avantages du nucléaire par rapport aux autres sources d’énergie.
Il convient de rappeller qu’à travers cette rencontre, Lomé ne pose pas la première pierre d’une centrale, mais la première pierre de l’acceptabilité sociale de l’énergie nucléaire par les populations.








