Prévenir la corruption dès les bancs de l’école. C’est l’objectif de la formation sur l’éducation à la lutte contre la corruption destinée aux éducateurs de l’enseignement secondaire et au personnel de la HAPLUCIA, ouverte mardi 20 octobre 2026 à Lomé.

En effet, organisée par la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA), en collaboration avec le Ministère de l’Éducation Nationale et le Système des Nations Unies au Togo, cette session de formation s’inscrit dans le cadre d’un projet plus vaste porté par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, visant à intégrer l’éducation à la lutte contre la corruption et à l’intégrité dans les curricula d’enseignement et de formation au Togo.


Ainsi, en ouvrant officiellement les travaux, le Président de la HAPLUCIA, le Juge Kimelabalou ABA, s’est réjoui de la tenue de cette rencontre : « La HAPLUCIA se réjouit de l’ouverture de cette session de formation qui vient compléter la session qui s’était déroulée au mois de mai 2026 et consacrée à la formation des enseignants et experts en développement curriculaire du primaire et des experts pédagogiques de l’éducation non formelle ».
Pour lui, la présence massive des participants témoigne de l’importance accordée à cette réforme : « Votre participation à cette rencontre traduit l’importance que vous accordez à une réforme éducative qui entend faire de l’école un espace privilégié de transmission des connaissances, mais également de construction des valeurs d’intégrité, de probité, de responsabilité et de respect du bien commun ».

Pour sa part, Mme Aïsatou Batonon, spécialiste de programme, bureau de lutte contre la corruption en Afrique, représentante de la Coordinatrice résidente des Nations Unies au Togo, a rappelé que cette formation fait suite à deux autres sessions organisées en mai dernier à destination des éducateurs du primaire et de l’éducation non formelle. Un projet significatif qui entend promouvoir l’enseignement des valeurs éthiques telles que l’intégrité, la probité, la responsabilité et la redevabilité à tous les niveaux du système éducatif. « Cette formation met l’accent sur les éducateurs, reconnaissant le rôle central qu’ils jouent dans le façonnement des valeurs, des attitudes et du caractère des enfants dès leur plus jeune âge », a-t-elle souligné.
A travers l’Initiative globale pour l’éducation et l’autonomisation des jeunes en matière de lutte contre la corruption (GRACE) de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), l’ONU apporte son soutien à cette initiative. Selon elle, l’enjeu est de taille «La corruption reste l’un des défis les plus tenaces pour le développement durable, la bonne gouvernance et les droits de l’homme. Elle continue de saper la confiance du public, d’affaiblir les institutions et d’exacerber les inégalités». Et de rappeler que la lutte ne peut se gagner par les seules lois «Un changement durable se produit lorsque l’intégrité devient à la fois une responsabilité partagée et une valeur commune à toute la société»

L’école, rempart contre la corruption
Pour Agbozo Koffi Sena, Doyen de l’Inspection de l’Éducation, représentant le Ministre de l’Éducation Nationale, le choix de l’école n’est pas anodin : « La corruption, nous le savons, compromet le développement de nos nations et affaiblit la confiance des citoyens envers leurs institutions. Or, c’est à l’école que se forment les consciences de demain. Investir dans l’éducation à l’intégrité, c’est donc investir dans l’avenir même de notre pays » a-t-il indiqué.
Il a précisé que « Cette formation portera sur les outils pédagogiques élaborés dans le cadre de l’initiative GRACE selon une approche fondée sur l’apprentissage actif et centrée sur l’apprenant ».
Par ailleurs, au cours de cet atelier, les éducateurs exploreront ainsi des méthodologies pratiques et interactives pour enseigner l’éthique, la réflexion critique et la prise de décision éthique, afin que la lutte contre la corruption ne soit plus seulement sanctionnée, mais surtout prévenue.
Pour rappel, dans un contexte où l’aide au développement diminue à travers le monde, protéger les ressources publiques contre la corruption devient vital pour le Togo afin de fournir les services essentiels, réduire les coûts d’emprunt et attirer les investissements.








