La résolution du Parlement européen du 11 septembre 2025 adressée au Togo a suscité une vive indignation parmi de nombreux Togolais attachés à la dignité et à la souveraineté de leur nation. Cette manière de faire est l’expression d’une certaine condescendance post-coloniale, hélas encore à l’œuvre dans les relations Europe-Afrique.
D’un côté, des députés européens prétendent dicter leur lecture des droits de l’homme et de la justice à un État africain souverain ; de l’autre, ces mêmes acteurs ferment les yeux sur des situations similaires ou pire encore au sein de leurs propres frontières. Comment ne pas dénoncer ce « deux poids, deux mesures » ? Le Togo n’est plus sous tutelle : c’est une République indépendante depuis plus de six décennies, forte de ses lois et de ses institutions. Le Togo, tout comme ses tribunaux, n’a de leçons à recevoir de personne en matière de souveraineté et de sécurité nationale.
Ce qui choque particulièrement, c’est l’hypocrisie flagrante de certaines voix européennes. Elles exigent du Togo ce qu’aucun État européen n’accepterait pour lui-même. Par exemple, la résolution intime de libérer sans condition M. Goma, présenté abusivement comme un simple militant politique. Or, rappelons-le, M. Goma a été condamné pour des faits relevant d’une atteinte grave à la sécurité intérieure du pays. Il ne s’agit pas d’un opposant muselé pour ses opinions, mais d’un individu reconnu coupable de violation délibérée de la loi et de mise en danger de l’ordre public. Le qualifier de prisonnier politique revient à nier la réalité des infractions commises.

Il est donc important que les partenaires européens puissent balayer devant leur porte avant de pointer du doigt le Togo. L’actualité récente en France est éloquente. Le 10 septembre 2025, à Paris et dans toute la France, les autorités françaises ont déployé des moyens colossaux pour mater une journée de mobilisation nationale organisée par certains mouvements radicaux. Pas moins de 80 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés sur l’ensemble du territoire français pour empêcher des blocages et disperser les rassemblements jugés menaçants. À l’issue de cette seule journée, 675 interpellations ont eu lieu à travers le pays, dont 280 rien qu’à Paris, avec plus de 400 gardes à vue prononcées. Le ministre français de l’Intérieur s’est même félicité publiquement d’avoir « mis en échec » ce qu’il a qualifié de tentative de blocus orchestrée par « l’ultragauche », assumant pleinement la fermeté de la répression opérée ce jour-là. Où étaient donc ces eurodéputés donneurs de leçons quand, au cœur de l’Europe, un gouvernement démocratique procédait à des arrestations massives pour préserver son ordre public ? Nulle part – et c’est bien normal, car la France, comme tout État souverain, a le droit légitime de préserver sa sécurité nationale. Ce droit, c’est aussi celui du Togo.
Le parallèle ne s’arrête pas là. En Espagne, il y a quelques années, des leaders indépendantistes catalans ont été emprisonnés pour avoir défié l’ordre constitutionnel ; l’Union européenne, dans son ensemble, a reconnu qu’il s’agissait d’une affaire relevant de la justice espagnole et n’a pas exigé leur libération inconditionnelle. Pourquoi ce qui vaut pour Madrid ou Paris ne vaudrait-il pas pour Lomé ? Cette attitude paternaliste est non seulement offensante, elle est contre-productive. En stigmatisant à tort le Togo sur la scène internationale, certains eurodéputés alimentent un sentiment d’injustice et de rejet au sein de la population togolaise, qui voit dans cette ingérence une remise en cause de sa souveraineté. Ce faisant, ils risquent de radicaliser les positions et de compliquer le dialogue plutôt que de l’encourager.
La position du gouvernement Togolais montre que le Togo ne cédera pas à ces pressions unilatérales. La coopération doit se faire dans le respect mutuel et l’Union européenne devrait traiter ces partenaires d’égal à égal, avec les préoccupations en matière de droits de l’homme abordées de façon objective et non instrumentalisées politiquement. Comme l’a souligné une source proche du gouvernement togolais, « la justice togolaise a dit le droit, rien que le droit. Toute autre interprétation relève d’une volonté politique extérieure et non du respect des normes universelles ».
En clair, il faut que cesse le deuxième visage de l’Europe, celui qui s’arroge le droit de juger les autres tout en s’exonérant de ses propres manquements. L’amitié entre les peuples ne pourra se renforcer que dans la franchise et le respect réciproque. Le Togo, fier et débout, continuera de défendre sa dignité et ses choix souverains sur la scène internationale. Le message clair que le Togo envoie en réponse à cette résolution injuste est clair : le temps des injonctions impériales est révolu, place à la considération et à la coopération équilibrée.

