En séjour en Israël, le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey a, dans un entretien exclusif accordé à nos confrères de Republicoftogo, dévoilé les grandes lignes de la coopération entre le Togo et l’Israël, les défis sécuritaires régionaux et la vision diplomatique du gouvernement togolais. Lisez l’intégralité de l’entretien que nous avons repris dans nos colonnes.
Monsieur le Ministre, vous avez rencontré jeudi votre homologue israélien. Quel est le sens politique de cet échange ?
Cette rencontre s’inscrit dans une relation de confiance ancienne entre le Togo et l’Israël. Elle traduit une volonté commune d’aller au-delà des déclarations d’intention pour bâtir une coopération utile, concrète et orientée résultats. Le Togo et Israël partagent une approche pragmatique : identifier les priorités et agir.

Concrètement, quels domaines ont été au cœur des discussions ?
Trois secteurs stratégiques ont structuré nos échanges : l’agriculture, la formation et la santé. Ce sont des piliers essentiels du développement humain. Israël dispose d’une expertise reconnue en agriculture intelligente, en gestion de l’eau et en innovation médicale. Le Togo souhaite s’appuyer sur ces savoir-faire pour renforcer sa sécurité alimentaire, former sa jeunesse et améliorer l’accès aux soins.
L’agriculture reste un enjeu clé pour le Togo. Qu’attendez-vous de cette coopération ?
Nous voulons une agriculture moderne, productive et résiliente face aux changements climatiques. Il ne s’agit pas d’importer des modèles, mais d’adapter des solutions éprouvées à nos réalités locales. Irrigation, technologies agricoles, formation des agriculteurs : la coopération avec Israël peut produire un impact direct et mesurable sur les populations rurales togolaises.
La formation est également évoquée. Pourquoi est-ce prioritaire ?
Parce que le capital humain est la première richesse de l’Afrique. Former, transmettre des compétences, créer des passerelles entre nos institutions et les centres d’excellence israéliens est un investissement stratégique. Le Togo mise sur une jeunesse bien formée pour accompagner sa transformation économique et technologique.
Les questions sécuritaires ont aussi occupé une place importante, notamment le terrorisme au Sahel et en Afrique de l’Ouest.
Oui, et sans détour. Le terrorisme est une menace globale qui frappe durement le Sahel et l’Afrique de l’Ouest. Aucun pays ne peut y faire face seul. Nous avons échangé sur le partage d’expériences, le renseignement, la prévention et le renforcement des capacités. La sécurité est une condition préalable au développement.
Vous avez également évoqué la menace que représente l’Iran et ses relais dans la région du Moyen-Orient.
Le Togo observe avec lucidité les évolutions géopolitiques. Les actions de l’Iran et de ses proxies contribuent à l’instabilité du Moyen-Orient et ont des répercussions bien au-delà de la région. Nous condamnons toute stratégie de déstabilisation par la violence. Le Togo défend une diplomatie de responsabilité, fondée sur la souveraineté des États, le dialogue et la recherche de solutions pacifiques.
Peut-on dire que le Togo assume une parole claire sur ces sujets sensibles ?
Absolument. Le Togo n’est ni naïf ni silencieux. Nous croyons à la clarté diplomatique. C’est ce que ne cesse d’affirmer le président du Conseil, Faure Gnassingbé.
Être un pays de dialogue ne signifie pas fermer les yeux sur les menaces. Cela signifie parler vrai, promouvoir la paix et agir avec cohérence.
Que retenez-vous personnellement de cette rencontre avec Gideon Saar ?
Une convergence de vues et une volonté partagée d’avancer. Le Togo et Israël regardent l’avenir avec sérieux et pragmatisme.

