Un blocage n’explique pas tout. Si la mobilisation avait été massive, aucun barrage n’aurait suffi à cacher la foule. Les faits sont là. la population n’a pas suivi. La presse qui l’a constaté n’a fait que son travail.
Et faut-il rappeler qu’un journaliste ne se réduit pas à un rôle de greffier des communiqués militants ? Décrire la faible mobilisation, c’est un choix journalistique légitime, autant que de décrire les camions militaires. Les deux sont vrais, les deux existent. C’est cette pluralité d’approches qui fait la richesse d’un paysage médiatique.

L’exemple des “Gilets jaunes” en France nous renseigne que certains médias montraient la colère populaire, d’autres insistaient sur les violences, d’autres encore sur l’essoufflement du mouvement. Qui a travesti la réalité ? Personne. Chaque rédaction a choisi un angle. C’est la liberté de la presse.
Accuser les journalistes de “faute professionnelle” parce qu’ils n’ont pas relayé une lecture des événements à laquelle les organisateurs et leurs affidés s’attendent, c’est méconnaître le métier. Ce n’est pas la presse qui est en crise, mais peut-être la stratégie de mobilisation. Car au lieu d’analyser pourquoi les Togolais ont choisi l’indifférence, certains préfèrent tirer sur l’homme de la plume.
La vérité, c’est que l’échec n’était pas seulement devant les caméras. Il était dans les rues. Et ce n’est pas la plume des journalistes qui a fabriqué cette indifférence des populations, mais la c’est la réalité.
Gabriel BLIVI

