L’année 2026 restera comme une année noire pour les institutions camerounaises. En l’espace de six mois, le pays a vu disparaître plusieurs figures historiques du régime, toutes proches du président Paul Biya et piliers de l’appareil d’État depuis des décennies.
En effet, la série a commencé le 4 avril 2026 avec le décès de Claude Juimo Monthé, ancien président de la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun (CCIMA), acteur influent du monde économique.
Quelques jours plus tard, le 11 avril 2026, c’est Marcel Niat Njifenji, président du Sénat depuis la création de l’institution en 2013, qui s’éteint à l’âge de 91 ans. Né en 1934, cet architecte de formation était le deuxième personnage de l’État dans l’ordre protocolaire et un fidèle parmi les fidèles du chef de l’État.
Le 6 mai 2026, un autre monument s’effondre. Cavaye Yéguié Djibril, né en 1940, décède à 86 ans. Il venait tout juste de quitter en mars 2026 la présidence de l’Assemblée nationale, qu’il occupait depuis 34 ans sans interruption, un record de longévité politique.
Le 7 août 2026, c’est au tour de Bah Oumarou Sanda (1940-2026). Magistrat, ancien diplomate et conseiller-doyen du Conseil constitutionnel, il meurt à Yaoundé à 86 ans, emportant avec lui une mémoire institutionnelle rare.
Dernier coup en date, le 4 octobre 2026, Clément Atangana, né en 1941, s’est éteint à Paris à 85 ans. Premier président du Conseil constitutionnel du Cameroun depuis sa mise en place en 2018, il était le garant ultime de la constitutionnalité des lois et des élections.
En moins d’un an, Paul Biya, 93 ans, a ainsi vu disparaître les présidents des deux chambres du Parlement et les deux plus hautes figures du Conseil constitutionnel. Une hécatombe générationnelle qui ouvre une séquence inédite de renouvellement à la tête des grandes institutions de la République.








