Le thème du 39ᵉ Sommet de l’Union africaine, centré sur la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs, met en lumière un enjeu vital pour l’avenir du continent. L’eau est à la base de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, de l’industrie et de la stabilité sociale. Sans un accès sécurisé à cette ressource, les ambitions de l’Agenda 2063 — prospérité, intégration et bien-être des peuples africains — restent fragiles.
Dans ce contexte, le modèle de gouvernance de l’africratie offre une lecture stratégique adaptée aux réalités africaines. L’africratie prône des institutions proches des populations, une gestion responsable des ressources et une mobilisation des capacités locales.
Appliquée au secteur de l’eau, cette approche implique une gouvernance participative où les États, les collectivités, les communautés et le secteur privé agissent ensemble pour planifier, protéger et entretenir les infrastructures hydriques.
Assurer l’accès durable à l’eau et à l’assainissement nécessite également des investissements ciblés : formation de techniciens, modernisation des réseaux, technologies locales de traitement de l’eau et mécanismes financiers innovants, avec une véritable vision des départements du secteur de l’eau.
L’africratie insiste sur la valorisation des compétences africaines et sur des solutions adaptées aux contextes locaux, plutôt que sur des modèles importés.
L’impact est multidimensionnel : baisse des maladies hydriques, amélioration des conditions scolaires, notamment pour les jeunes filles, hausse de la productivité agricole et renforcement de la cohésion sociale. L’eau devient ainsi un levier de paix, de développement et de dignité.
En faisant de l’eau et de l’assainissement une priorité stratégique sous une gouvernance africatique, l’Afrique ne répond pas seulement à une urgence sociale ; elle pose les fondations concrètes de la vision portée par l’Agenda 2063 : un continent autonome, organisé et tourné vers le bien-être de ses populations.
Par Senateur Innocent KAGBARA


