Coup de tonnerre à la Présidence d la République du Sénégal. Sidy Alpha Ndiaye, ministre directeur de cabinet adjoint et coordonnateur du pôle juridique, a remis sa démission ce mardi 2 juin 2026. Un départ qui s’ajoute à la série de secousses politiques déclenchées par la formation du gouvernement Al Amine Lo.
En effet, Professeur titulaire des universités et cadre du MONCAP/Pastef, l’universitaire justifie son retrait par des raisons politiques, éthiques et personnelles. Il affirme avoir rejoint l’État avec une seule ambition, faire avancer les réformes promises lors de l’alternance de mars 2024. « Universitaire de vocation, je n’ai accepté des responsabilités étatiques qu’en raison d’une conviction profonde : celle de contribuer, à ma place, à la concrétisation des réformes juridiques promises au peuple sénégalais », écrit-il.
Mais la nouvelle architecture gouvernementale a, selon lui, bouleversé les équilibres. Sans nommer directement le président Bassirou Diomaye Faye, Sidy Alpha Ndiaye déplore un décalage avec sa vision de la démocratie. « L’idée d’une majorité politique, plébiscitée par le souverain ultime, mais qui ne gouverne pas entièrement contredit, à mon sens, l’épure même de la démocratie représentative », affirme-t-il.
Il revient aussi sur la décision de Pastef de rester en dehors du nouvel exécutif après l’échec des négociations avec le chef de l’État. Pour lui, le parti porteur du projet présidentiel n’est plus réellement aux commandes. « PASTEF n’étant plus pleinement en responsabilité exécutive, si ce n’est des strapontins individuels non objectivés par une dynamique solidariste de parti et d’identité politique », écrit-il encore. Une phrase lue comme une critique adressée aux cadres proches de Pastef qui ont choisi de rester au gouvernement malgré la consigne d’Ousmane Sonko.

Fidèle à ses principes, Sidy Alpha Ndiaye estime que son maintien à la Présidence n’avait plus de sens. Il présente son départ comme un acte cohérent avec son engagement. « La loyauté à mes valeurs intrinsèques commande l’assumation évidente d’un choix moral, éthique et politique : celui de démissionner de mon poste », souligne-t-il.
La démission du coordonnateur du pôle juridique intervient dans un contexte de tensions croissantes au sein de Pastef, où plusieurs responsables font l’objet de sanctions après leur entrée dans le gouvernement.

