Au Mali, face aux défis sécuritaires et à la nécessité de renforcer l’unité nationale, le Conseil des ministres extraordinaire du mardi 13 mai a décidé de dissoudre tous les partis et organisations à caractère politique. Et ceci, sur l’ensemble du territoire malien. Cette décision est présentée comme une mesure forte pour recentrer les efforts sur la stabilité et la cohésion du pays. Le décret adopté a été présenté par le ministre de l’administration territoriale.
En effet, dans un contexte régional et interne complexe, la dissolution de l’ensemble des structures politiques est interprétée par certains analystes comme une volonté des autorités de transition de dépasser les clivages partisans et de privilégier un front uni face aux menaces.
Pour d’autres par contre, cette mesure est vue comme un muselement des voix contradictoires , notamment de l’opposition qui n’adhère pas à la volonté des autorités de transition de se maintenir au pouvoir.

Ces derniers fondent leurs argumentaires sur le fait que la décision intervient quatre ans après la prise de pouvoir des nouvelles autorités et au moment où la classe politique de l’opposition demandé conformément à l’engagement des autorités de transition, l’organisation des élections.
Ainsi, du côté des autorités de transition, cette mesure vise essentiellement à créer un environnement plus propice à la mise en œuvre de politiques de sécurité efficaces et à la promotion d’un sentiment d’appartenance nationale renforcé.
Notons que cette décision souleve des débats sur la liberté politique. Elle est aussi présentée par ses partisans comme une réponse pragmatique aux impératifs de lutte contre les terroristes pour la survie et la stabilité du pays. Pour l’heure, on attend la réaction de l’opposition après l’adoption du projet de décret en conseil des ministres.

