(@afrique news) – La Chambre criminelle de la Cour d’Appel de Bamako a rendu son verdict lundi 3 août 2026, dans le dossier d’Adama Diarra, dit « Ben le Cerveau ». Le leader du Mouvement Yéréwolo Debout sur les Remparts a été reconnu coupable de « menaces et injures contre les autorités via un système informatique ».
En effet, le tribunal l’a condamné à une peine de 5 ans d’emprisonnement, assortie d’un an de sursis d’un an. C’est deux fois moins que les 10 ans ferme requis par le Parquet lors de l’audience du 27 juillet. Ex-membre du Conseil National de Transition et figure de l’activisme anti-impérialiste, Adama Diarra était poursuivi à la suite de la diffusion de deux enregistrements audio datés de 2021 et 2022. Une plainte avait été déposée auprès du pôle anti-cybercriminalité, ce qui avait entraîné sa mise sous mandat de dépôt.
Ainsi, au centre des débats, l’authenticité d’un des audios. A la barre, l’accusé a admis reconnaître sa propre voix sur l’extrait, tout en rejetant le reste du contenu. « Je reconnais que l’une des voix est la mienne. Mais le reste n’est pas ma voix. C’est une voix robotique », a-t-il déclaré devant les juges.
Il a formellement démenti avoir tenu certains propos qui lui sont prêtés, notamment ceux évoquant un « pacte avec le diable » ou la présence « d’éléments à Kidal ». Pour lui, ces phrases auraient été fabriquées à l’aide d’une intelligence artificielle vocale. Il a aussi précisé qu’il s’agissait d’une discussion privée avec un compagnon de lutte, et qu’il ignorait comment ces échanges s’étaient retrouvés en ligne.
Les avocats de la défense ont, de leur côté, contesté la valeur juridique de la preuve audio. Ils ont mis en doute les conditions de collecte de l’enregistrement et l’identité de celui qui l’a réalisé. Pour le conseil, ces imprécisions ne permettaient pas d’établir de manière certaine la responsabilité de leur client.
Ancien allié des autorités de la transition, Ben le Cerveau purgeait déjà une détention de près de 3 ans dans un établissement pénitentiaire situé à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Bamako.
Rappelons qu’en rendant le délibéré de cette affaire, la Cour clôt une affaire très suivie par l’opinion publique malienne.


