La crise qui couvait depuis trois ans au sein de la Cour Constitutionnelle guinéenne semble arrivée au stade de l’explosion. Plus rien ne va au sein de la plus haute juridiction du pays. Entre le président de cette Cour et ses collaborateurs, la lutte de miel est terminée.
En effet, rien ne va plus entre le président de la Cour constitutionnelle de Guinée, Kéléfa Sall, et ses collaborateurs. Les collaborateurs du Président de la Cour Constitutionnelle ont annoncé une procédure de sa destitution même si cela semble juridiquement impossible. Car les lois constitutionnelles dans ce pays mentionnent que le président de la Cour est élu pour un mandat de neuf ans non renouvelable. Ceci ne précise nul part, la possibilité de démettre le président de la Cour Constitutionnelle de ses fonctions si ce n’est pas démission ou par décès. Deux possibilités pratiquent impossibles. Sur les braises depuis trois ans, Kéléfa Sall, est souvent contesté par les autres commissaires de son institution qui, selon lui, ont d’autres ambitions que d’accomplir leurs obligations pour lesquelles ils ont prêté serment.
Selon Salifou Sylla : » La vraie raison de la situation que connait le Président de la Cour Constitutionnelle, ce sont les qu’il avait dit lors de l’investiture. Depuis ce jour, il est dans le collimateur. On cherche à le liquider. Ce problème n’a aucun fondement juridique ». Pour rappel, Kéléfa Sall avait tenu le 14 décembre 2015, lors de l’investiture d’Alpha Condé pour son second et dernier mandat, un discours qui serait à l’origine de ses problèmes: « Monsieur le président de la République, gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes, car si le peuple de Guinée vous a donné et renouvelé sa confiance, il demeure cependant légitimement vigilant ».

La société civile, par la voix de Abdourahmane Sanoh, appelle à la mobilisation pour soutenir le président de la Cour Constitutionnelle : « Chacun doit se mobiliser pour apporter son soutien à Kéléfa Sall. Chacun doit pouvoir se mobiliser pour faire en sorte que la loi soit respectée dans ce pays. On sert un pays, on ne sert pas un homme » a-t-il déclaré. Pour beaucoup de guinéens, ils voient la main du président de la République Professeur Alpha Condé derrière ce qui arrive. Car, il est reproché au président guinéen de nourrir des ambitions de modification de la constitution pour briguer un troisième mandat. Une position que le président de la Cour Constitutionnelle ne serait pas prêt à entériner.
