(Lomé, 29 mars ) – Un jury fédéral du district Est de Virginie a déclaré, le lundi 23 mars 2026 dernier, coupable Antoine Kassis, 59 ans, double ressortissant libano syrien, de complot narco terroriste et de soutien matériel à une organisation terroriste étrangère désignée, après cinq jours de procès.
En effet, Kassis, présenté comme un trafiquant basé au Liban, exploitait son accès au régime syrien d’Assad pour organiser le transit de cocaïne et d’armes et blanchir les profits via un réseau colombien. À partir d’avril 2024, il a monté avec des complices en Colombie et au Mexique un échange d’armes détournées du régime syrien contre des centaines de kilos de cocaïne destinés à l’Armée nationale de libération (ELN). Il a voyagé du Liban au Kenya pour rencontrer un inspecteur de l’ELN, puis a signé un contrat visant à importer à Lattaquié un conteneur déclaré comme fruits mais contenant 500 kg de cocaïne, avec l’intention d’en superviser la distribution régionale.
Ainsi, cette opération a été possible grâce à l »Unité des enquêtes bilatérales de la Division des opérations spéciales de la DEA avec l’aide de ses partenaires dont le Bureau du pays de Rabat au Maroc, qui a joué un rôle important et stratégique dans la conduite des enquêtes. Au procès, les procureurs ont montré que les circuits de blanchiment ont déplacé près de 100 millions de dollars en moins de 18 mois pour des organisations comme le cartel de Sinaloa et le Hamas. Kassis se prévalait de liens familiaux avec Beshar Al Assad et de contacts avec le général Maher Al Assad pour faciliter l’opération, tandis que le régime prélevait des taxes sur les substances illicites. Kassis encourt de 20 ans de réclusion à la perpétuité ; la peine sera fixée le 2 juillet.
Rappelons que l’affaire, pilotée par l’Unité des enquêtes bilatérales de la DEA avec des partenaires, s’inscrit dans l’opération Take Back America, visant les cartels et les organisations criminelles transnationales.


