Les changements climatiques désignent une variation de l’Etat du climat qui peut être identifiée (par exemple à l’aide de tests statistiques) par des changements affectant la moyenne et/ou la variabilité de ses propriétés, persistant pendant de longues périodes, généralement des décennies ou plus.
Jacques Chirac disait : « La maison brûle et nous regardons ailleurs ». Cette allégation de l’ex président français illustre à bien d’égards le degré d’indifférence du monde face à l’ampleur des problèmes liés aux changements climatiques. Quelle riposte s’impose face aux incidences récurrentes des changements climatiques ?
Par vulnérabilité l’on entend la propension ou la prédisposition à être affectée de manière négative par les changements climatiques. La vulnérabilité recouvre plusieurs concepts et éléments, notamment la sensibilité ou la susceptibilité d’être atteint et le manque de capacité à réagir et à s’adapter. L’impact quant à lui désigne les conséquences des changements climatiques sur les systèmes humains et naturels. Dans le rapport, le terme « impacts » est principalement utilisé pour désigner les conséquences sur les systèmes naturels et humains des événements météorologiques et climatiques extrêmes. Les impacts désignent généralement les conséquences sur les vies, les moyens de subsistance, la santé, les écosystèmes, les économies, les sociétés, les cultures, les services et les infrastructures dues à l’interaction des changements climatiques ou des événements climatiques dangereux, se produisant à une période donnée, et la vulnérabilité d’une société ou d’un système exposé. Les impacts sont également appelés conséquences et résultats. Les impacts du changement climatique sur les systèmes géophysiques, notamment les inondations, les sécheresses et l’élévation du niveau de la mer, constituent un sous-ensemble des impacts appelés impacts physiques.

L’adaptation est un processus d’ajustement au climat présent ou attendu et à ses effets. Dans les systèmes humains, l’adaptation cherche à modérer ou éviter les nuisances ou à exploiter les opportunités bénéfiques. Dans certains systèmes naturels, l’intervention humaine peut faciliter l’ajustement au climat attendu et à ses effets.
Les changements climatiques peuvent être la conséquence de processus naturels internes ou de forçages externes tels que : les modulations des cycles solaires, les éruptions volcaniques et les changements anthropiques persistants de la composition de l’atmosphère ou de l’utilisation des terres. On notera que la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), en son Article 1, définit le changement climatique comme étant : « Des changements de climat qui sont attribués directement ou indirectement à une activité humaine altérant la composition de l’atmosphère mondiale et qui viennent s’ajouter à la variabilité naturelle du climat observée au cours de périodes comparables. » C’est dire que les changements climatiques sont à la fois causés par le fait des activités de l’Homme mais également de causes naturelles et que ces conséquences affectent toute la planète non seulement les hommes eux-mêmes mais aussi les milieux naturels.
Les systèmes naturels et humains
De nos jours, les experts du climat estiment avec une probabilité supérieure à 95 % – que l’élévation de la température terrestre relevée depuis le milieu du XXe siècle est bel et bien le fait de l’accumulation des gaz à effet de serre d’origine humaine. Cette probabilité était évaluée à 90 % dans le précédent rapport. Cette situation a influé sur les systèmes naturels et humains de tous les continents. En ce qui concerne les systèmes naturels, l’élévation du niveau de la mer en est une parfaite illustration. En effet, la hausse du niveau des mers a été revue à la hausse. Les scientifiques tablent désormais sur une augmentation moyenne de 26 cm à 98 cm d’ici à 2100 contre 18 cm à 59 cm dans le rapport 2007. Désormais, les climatologues prennent mieux en compte la fonte dans les océans, des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique.
Entre 1901 et 2010, les océans se sont déjà élevés de 19 cm. Par conséquent, tout au long du siècle, les populations côtières (plusieurs centaines de millions de personnes selon le rapport, dont une grande part en Asie, en Europe ou en Amérique latine) seront soumises à des inondations de plus en plus fréquentes et à une érosion des littoraux en hausse, deux phénomènes aggravés par l’urbanisation massive des bords de mer.
La hausse du niveau des mers n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. En effet, les experts s’attendent également à ce que le réchauffement climatique provoque des événements météorologiques extrêmes plus intenses, tels que les sécheresses, les pluies diluviennes et des cyclones tropicaux plus fréquents. A ce propos, le climatologue Thomas Stocker, coprésident du groupe de travail du GIEC déclare : « Les vagues de chaleur vont très probablement se produire plus fréquemment et durer plus longtemps. Avec le réchauffement, nous nous attendons à voir les régions humides recevoir plus de pluies et les régions les plus sèches à en recevoir moins, même s’il va y avoir des exceptions. » Cette situation provoquera des risques accrus d’extinction des espèces. Ces risques concernent « une large partie » des espèces terrestres et marines, dont de nombreuses « ne seront pas capables de se déplacer suffisamment rapidement pour trouver des climats plus adaptés » au cours des changements climatiques. Des écosystèmes marins cruciaux, comme ceux des pôles et les barrières de corail, sont déjà particulièrement exposés avec l’acidification des océans. Une hausse de la mortalité des arbres pourrait survenir dans de nombreuses régions, alors que l’un des enjeux de la lutte contre le réchauffement passe par la reforestation.
De nombreuses espèces animales voient leur aire de répartition, leurs activités saisonnières, leur schéma de migration et leurs populations évoluer. Les interactions entre espèces se modifient. L’Homme étant lui-même une composante de l’environnement, ces exemples cités parmi tant d’autres pour illustrer le caractère alarmiste des changements climatiques, ne le laisseront pas indifférent. Il en subira les conséquences qui seront de divers ordres.
D’abord, en matière de santé, Jusqu’au milieu du siècle, le changement climatique influera sur la santé humaine principalement en exacerbant les problèmes de santé existants. Pendant toute la durée du XXIe siècle, il devrait provoquer une détérioration de l’état de santé dans de nombreuses régions, et en particulier dans les pays en développement à faible revenu, comparativement à une situation de référence sans changement climatique.
Ensuite, en matière sécuritaire, l’on risque d’assister à plus de conflits et de rivalités. En effet, le GIEC table sur une augmentation des déplacements de population et des « risques de conflits violents » avec « une aggravation des facteurs classiques que sont la pauvreté et les chocs économiques ». Des rivalités risquent de survenir entre les populations ou les Etats autour de ressources plus rares, comme l’eau ou les stocks de poissons, ou de nouvelles opportunités générées par la fonte des glaces – comme c’est déjà le cas avec la disparition de l’Arctique et l’accès à ses nombreuses (et supposées) ressources en poissons, hydrocarbures et minerais.
Les incidences d’événements climatiques extrêmes survenus récemment — vagues de chaleur, sécheresses, inondations, cyclones et feux incontrôlés — mettent en évidence la grande vulnérabilité et le degré élevé d’exposition de certains écosystèmes et de nombreux systèmes humains à la variabilité actuelle du climat.
La vulnérabilité des systèmes n’impacte pas uniquement les mécanismes naturels et humains, les systèmes socioéconomiques sont également fortement bouleversés.
Les systèmes socioéconomiques
Ils concernent les aspects de sécurité et de production alimentaire, les modes et habitudes des zones rurales et urbaines, les secteurs économiques et des services, de même que les modes de subsistance.
– Sécurité alimentaire et systèmes de production alimentaire.
S’agissant des principales cultures (blé, riz et maïs) des régions tropicales et tempérées, le changement climatique, à défaut d’une adaptation, devrait avoir une incidence négative sur la production en cas de hausses locales de la température moyenne de 2 °C ou plus par rapport aux niveaux de la fin du XXe siècle, bien que certaines zones particulières risquent d’être favorisées.
Le changement climatique risque d’influer sur l’ensemble des aspects de la sécurité alimentaire, y compris l’accès aux aliments, leur utilisation et la stabilité des prix.
– Zones urbaines
Nombre des risques que pose le changement climatique à l’échelle mondiale se concentrent dans les zones urbaines. Les mesures mises en œuvre pour renforcer la capacité d’adaptation et favoriser le développement durable peuvent accélérer l’adaptation réussie au changement climatique à l’échelle du globe. Le stress thermique, les précipitations extrêmes, les inondations sur les côtes et à l’intérieur des terres, les glissements de terrain, la pollution atmosphérique, les sécheresses et les pénuries d’eau posent des risques dans les zones urbaines pour les personnes, les biens, les économies et les écosystèmes.
– Zones rurales
Le changement climatique pourrait avoir des incidences importantes, à court et à long terme, dans les zones rurales en influant sur la disponibilité et l’approvisionnement en eau, sur la sécurité alimentaire et sur les revenus agricoles, notamment en provoquant des déplacements des zones de production de cultures vivrières ou non à travers le monde.
– Secteurs économiques et services principaux
Dans la plupart des secteurs économiques, les incidences de facteurs tels que l’évolution démographique, la pyramide des âges, les revenus, la technologie, les prix relatifs, les modes de vie, la réglementation et la gouvernance devraient être importantes comparativement à celles du changement climatique. Le changement climatique devrait réduire la demande d’énergie pour le chauffage, et l’augmenter pour la climatisation dans les secteurs résidentiels et commerciaux.
Les incidences économiques du changement climatique à l’échelle mondiale sont difficiles à estimer. Les estimations économiques réalisées au cours des 20 dernières années varient selon le degré de couverture des sous-ensembles de secteurs économiques, reposent sur un grand nombre d’hypothèses, dont beaucoup sont contestables, et ne tiennent souvent pas compte des changements catastrophiques, des points de basculement et de nombreux autres facteurs.
– Moyens de subsistance et pauvreté
Tout au long du XXIe siècle, les incidences du changement climatique devraient ralentir la croissance économique, entraver les efforts de lutte contre la pauvreté, continuer d’éroder la sécurité alimentaire, entretenir les poches de pauvreté existantes et en créer de nouvelles, ce dernier effet étant particulièrement marqué dans les zones urbaines et dans les « points chauds de la faim ».
Afin d’atténuer les effets du dérèglement climatique, il est indispensable d’agir dès à présent. Des mécanismes d’ajustement au climat ont été proposés et concernent notamment l’adaptation et l’atténuation, qui sont des stratégies complémentaires pour réduire et gérer les risques liés au changement climatique.
Pour toutes ces incidences multiples sur l’homme et son environnement, les experts du GIEC ont pensé à un début de solution aux nouveaux maux que connait la planète. Ces solutions se sont traduites en un certain nombre de mécanismes d’ajustement au climat. (suite dans notre prochaine parution)
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