La récente décision du Jury d’appel de la Confédération africaine de football suscite une vive incompréhension et appelle à une réaction ferme. Dans une sortie du sénateur togolais, Innocent Kagbara, l’homme politique estime que cette décision est une crise de leadership et un défi pour l’africatie et demande tout simplement la démission du bureau exécutif de la CAF ainsi que l’ouverture d’une enquête indépendante. Lire ci-dessous l’intégralité de la réaction du Sénateur Innocent Kagbara.
Face à cette situation, nous demandons clairement la démission du bureau exécutif ainsi que l’ouverture d’une enquête internationale. Il en va de la crédibilité de nos institutions et du respect dû au continent africain.
Nous devons nous faire respecter. Une telle décision révèle un sérieux problème de leadership au sein des instances africaines. Comment comprendre que des organes censés défendre les intérêts du continent puissent prendre des orientations aussi contestables, sans transparence ni redevabilité ?

Ce constat est d’autant plus préoccupant qu’il met en lumière une réalité dérangeante : nous semblons encore tolérer des formes d’infantilisation institutionnelle. Nous aimons qu’on nous infantilise — et cela est regrettable pour la quête de notre souveraineté et pour notre combat en faveur du panafricanisme. Une telle posture affaiblit notre capacité collective à bâtir des institutions fortes, respectées et indépendantes.
Dans une perspective d’africratie ,ce modèle de gouvernance centré sur la responsabilité, la souveraineté et la dignité africaines , cette situation est inacceptable.
L’africratie repose sur des principes clairs : transparence des décisions, légitimité des dirigeants, et primauté de l’intérêt collectif africain. Or, lorsque ces principes sont bafoués, c’est toute la vision d’un renouveau africain qui est mise à mal.
Il est donc impératif d’engager une refondation digne de nom des mécanismes de gouvernance au sein de nos institutions sportives, politiques et économiques. L’Afrique ne peut prétendre à une souveraineté réelle et pérenne sans des organes de décisions exemplaires, capables de rendre compte de leurs décisions et d’assumer leurs responsabilités.
Aujourd’hui plus que jamais, il est temps de rompre avec les pratiques du passé; refuser l’infantilisation, de revendiquer notre dignité et d’imposer un leadership africain fort, cohérent et respecté. C’est à ce seul et unique prix que l’africratie cessera d’être une ambition théorique pour devenir une réalité tangible ,viable et pratique au service des peuples africains.

