Deux mois après la grande finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, jouée le 18 janvier 2026 au Maroc et remportée par les Lions du Sénégal sur la plus petite des marques, 1 but à zéro, des moments d’intenses protestations des Sénégalais ont suivi, à la suite d’un penalty controversé en faveur du Maroc. Cette situation a conduit au retrait d’une partie de l’équipe du terrain avant de revenir quelques minutes plus tard. Saisi en appel par la fédération royale marocaine après avoir été débouté en première instance par la commission disciplinaire de la CAF, le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a rendu son verdict le mardi 17 mars en déclarant le Maroc vainqueur de la CAN 2025 sur tapis vert, 3-0. Cette décision inattendue est diversement appréciée et suscite de vives polémiques.
Gilbert Bawara, juriste et ministre togolais chargé des relations avec le Parlement et des institutions de la République, n’est pas resté insensible à cette actualité qui plonge le football africain dans une incertitude totale. Lisez ci-dessous son analyse de la décision prise par le jury d’appel de la CAF.
Moments sombres pour le football africain
Le football, puissant vecteur de cohésion sociale et de ferveur populaire à travers le continent africain, traverse aujourd’hui une période troublée.
La récente décision du Jury d’appel de la CAF suscite incompréhension, indignation et un profond malaise. Par son caractère et ses implications, elle apparaît comme une source d’humiliation pour l’Afrique.
Certains invoqueront le strict respect des textes et règlements. Pourtant, une règle ne saurait être dissociée de sa finalité : organiser la vie collective, préserver l’équilibre social et garantir l’intérêt général. Dès lors, des décisions qui engendrent un trouble profond au sein de la société ne peuvent se justifier uniquement par leur conformité formelle au droit.
Quelle que soit l’issue de la procédure engagée devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) en Suisse, le préjudice est déjà perceptible. Le football africain semble aujourd’hui pris dans une dynamique préoccupante, marquée par des décisions qui interrogent la gouvernance de ses instances dirigeantes, notamment la CAF.
Il reste à espérer une issue apaisée et équitable de la part du TAS. Plus encore, il est souhaitable que cette situation serve de leçon, conduisant à une prise de conscience et, le cas échéant, à une remise en question des responsabilités au sein des instances concernées.


